Orientations

« On vient au monde pour le bonheur, pis pour s’épanouir. Pis on s’épanouit d’abord par le travail […] »

– Michel Chartrand

Depuis l’annonce de ma candidature sur les plateaux et les réseaux sociaux, plusieurs d’entre vous sont venus à ma rencontre. Pour partager, pour nommer, parfois pour se confier. Cette confiance, je veux la maintenir. Je veux continuer à vous entendre, vous écouter, et travailler à améliorer concrètement nos réalités sur le terrain.

© E. Myre, Captation Simon Leblanc (2018)

De ces échanges, quelques constats se dégagent :

  • On aime profondément notre travail, et ça se voit.

  • On est inquiet pour l’avenir, notamment face à l’état du financement de nos productions. Et les impacts sont déjà bien réels : moins de jours, moins de projets, des journées plus exigeantes.

  • Malgré tout, la grande majorité des plateaux roulent rondement.

  • Mais le lien de confiance envers l’AQTIS 514 IATSE s’est fragilisé pour plusieurs d’entre vous.

Ce qui m’anime, c’est de contribuer à un appui réel et concret : par l’écoute, oui, mais aussi par une présence active et des actions ciblées. Le rôle de la vice-présidence est d’agir comme courroie de transmission, et pour qu’elle soit efficace, elle doit être vivante. Je veux maintenir une présence sur les plateaux, dans la continuité de ce qui a été mis en place, et m’appuyer sur vos retours pour orienter les priorités.

Un chantier clair pour moi : nos communications. Il faut mieux faire circuler l’information pour qu’elle vous rejoigne réellement, sans ajouter au bruit déjà présent. C’est une condition essentielle pour rétablir un lien de confiance solide.

Je souhaite aussi m’attarder à des irritants simples, mais persistants, dans la gestion quotidienne : délais d’envoi des horaires, des feuilles de temps, des contrats. Le passage au numérique a simplifié certains processus, mais il a aussi créé des angles morts. Recevoir une feuille de temps plusieurs jours plus tard, parfois avec des erreurs, finit par décourager et trop souvent, ce sont les technicien·ne·s qui en paient les conséquences.

Dans cette optique, je veux relancer la réflexion autour d’outils plus efficaces, notamment avec les initiatives déjà amorcées du côté de SetPad. L’objectif n’est pas d’ajouter une couche, mais de trouver des solutions simples, accessibles et adaptées à nos réalités.

© Julie Artacho

Je souhaite également poursuivre les réflexions sur les augmentations de salaires systématiques dès la deuxième saison. En télévision, plusieurs projets se déploient sur plusieurs années; il est légitime que cette continuité se reflète dans nos conditions. Faire de cette pratique une norme mérite qu’on s’y attarde sérieusement.

Enfin, la formation demeure un levier important. Les réalités de la télévision et du documentaire sont spécifiques, et elles doivent être reconnues comme telles. Je veux contribuer au développement de formations mieux adaptées à nos pratiques : négociation, réalité des pigistes, formations IVA pensées pour notre secteur. Des démarches sont déjà en cours et je souhaite y participer activement.

Pour ce mandat, je nous propose d’avancer avec plus de cohérence face à nos réalités multiples. Rien ne se construit seul; c’est ensemble, dans un dialogue réel et ancré sur le terrain, que nous pourrons renforcer notre milieu et nos conditions.